Against the day
Extrait. Thomas Pynchon, Contre-Jour, Seuil, 2008
Afin que Chick suive la conversation, Darby expliqua que ce groupe
s’était constitué il y a plus de vingt ans, pendant le Siège de Paris, quand
les ballons dirigeables étaient souvent la seule façon de communiquer avec la
capitale. Cette pénible épreuve s’éternisant, certains aérostiers finirent par
comprendre, depuis leur poste d’observation, sans cesse suspendus au-dessus
d’un danger mortel, à quel point l’État moderne dépendait pour sa survie du
maintien d’un siège permanent – par
l’encerclement systématique des populations, la famine imposée aux corps et aux
esprits, la dégradation impitoyable du savoir-vivre qui voyait bientôt le
citoyen se retourner contre le citoyen […]. Quand le Siège s’acheva, ces
aérostiers décidèrent de rester dans les airs, désormais affranchis des
chimères politiques qui régnaient plus que jamais au sol, et promirent
solennellement de ne se fier qu’à eux-mêmes, se comportant comme s’ils vivaient
dans un incessant état de siège mondial.
« De nos
jours », dit Penny, « ils sont prêts à aller partout où on a besoin
d’eux, survolant les places fortes et les frontières nationales, forçant les
blocus, nourrissant les affamés… alors bien sûr ils se font des ennemis où
qu’ils aillent, on leur tire dessus depuis le sol, sans cesse. Mais là c’était
différent. Il se trouvait qu’on était là-haut avec eux ce jour-là, et c’était
vraiment très étrange. Personne n’a vu le moindre projectile, mais il y avait…
une sorte de force… une énergie qu’on pouvait sentir, dirigée personnellement
sur nous… »
Traduit par...? (Attention y'a des traducteurs par ici, ce sont des êtres sensibles).
ReplyDeleteClaro. Assez fan du coup. https://towardgrace.blogspot.com/
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