Quand nous étions encore confinés, j’ai entrepris de traduire un poème d’Ingeborg Bachmann, « Die gestundete Zeit ». Récemment, j’ai pu en discuter de vive voix avec Sonia qui, contrairement à moi, est une germaniste patentée. Nous avons aussi pu regarder la traduction de Françoise Rétif publiée chez Gallimard et avons décidé que la nôtre, elle était bien quand même. On la met là, parce qu’elle existe, et aussi parce que nous sommes peut-être seulement en sursis. Die gestundete Zeit Es kommen härtere Tage. Die auf Widerruf gestundete Zeit wird sichtbar am Horizont. Bald mußt du den Schuh schnüren und die Hunde zurückjagen in die Marschhöfe. Denn die Eingeweide der Fische sind kalt geworden im Wind. Ärmlich brennt das Licht der Lupinen. Dein Blick spurt im Nebel: die auf Widerruf gestundete Zeit wird sichtbar am Horizont. Drüben versinkt dir die Geliebte im Sand, er steigt um ihr wehendes Haar, er fällt ihr ins Wort, er befiehl...
Résumé des épisodes précédents: on s'est bien amusés quand même, mais la prochaine fois on tâchera de se coordonner davantage pour moins nous perdre dans les égouts, parce que ça marche qu'une fois. Le début est ici , ensuite on clique sur "à suivre" pour sauter d'un épisode à l'autre. Ils avaient bien tenté de s’accommoder à la sauce zadiste, mais ça n’avait pas marché. Typose bouffait tout ce qu’il savait ; les cressonnières de l’égout collecteur suffisaient à peine à son casse-croûte ; plus il jouait des mâchoires, plus on grinçait des dents. Un beau jour, le plus ardent des cavernicoles – Hippolyte, qu’il s’appelait – réunit ses coreligionnaires et leur parla en ces termes : - Trop c’est trop. Voilà plusieurs mois que, chez, nous, cet hippo campe ; un hippo glouton qui ne sert à rien ; un pauvre hippo cagneux ; et pour couronner le tout un hippo qui tague la zade, car, voyez-vous, cet hippo graphe. Dégagez-le ! Dégagons-le ! - Très bien,...
Je poste à sa place en attendant qu'il veuille bien apprendre, mais cet épisode est bien écrit par Pierre, qui l'a posté en commentaire sous le premier ! Camille n’avait pas pris la chose au sérieux, mais alors pas du tout. Enfin, jusqu’au vendredi soir, lorsque la mère Savin avait jappé en lui servant sa part de moka : - Tu vides l’assiette rapido et tu décanilles, on ferme. - On ferme ? - Affirmatif. - Et mon caoua ? - On ferme, j’te dis ; ordre d’la préfectance, voire même du minisse. Du sérieux, quoi. Son dessert favori soudain n’avait plus de goût. C’était gras, c’était lourd et c’était pâteux, mais c’était payé. Pas question d’en laisser une miette à la Savin : cette vieille bougresse, jamais un mot gentil, jamais une attention, et pourtant, c’est chez elle que, depuis bientôt deux ans, Camille prenait ce vilain repas du soir que l’on ne pouvait pas décemment appeler dîner. Quelquefois – oh, pas souvent –, la patronne lui posait bien une ou deux que...
Résumé des épisodes précédents: les auteurs de cet inénarrable feuilleton ont pris une glace sur un banc, puis se sont fait un dîner at home et envisagent désormais un verre en terrasse. Avec tout ça, ils n'ont pas foutu grand chose ces temps-ci. Le début est ici , ensuite on clique sur "à suivre" pour sauter d'un épisode à l'autre. Le temps avait passé. La guerre était perdue. À la sidération avait succédé la torpeur. Ce qui, quelques semaines plus tôt, aurait encore été impensable était devenu normal : la fin de l’état de droit, la disparition de la république, les pleins pouvoirs à l’homme providentiel. Le couvre-feu. La surveillance. La délation. Les quatre amis osaient désormais sortir plus librement du minuscule appartement où, avec Typose qui grossissait de jour en jour, on se sentait vite à l’étroit. Après tout, si la guerre était perdue, c’est que la paix était revenue ; avec elle, les promesses d’un retour à la normale. Les exilés étaient revenus ...
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